Nchout Njoya Ajara et Falone Mefometou quittent définitivement les Lionnes Indomptables après le stage d’Odza. Retour sur une crise interne révélatrice.
Le football féminin camerounais traverse une zone de turbulences. Deux de ses figures les plus emblématiques, Nchout Njoya Ajara et Falone Mefometou, viennent de tourner définitivement la page de la sélection nationale.
Un départ qui ne ressemble en rien à une simple mise au point ou à un coup de gueule passager : c’est une rupture nette, et elle fait l’effet d’une bombe dans le vestiaire des Lionnes Indomptables.
Un divorce consommé après le stage d’Odza
Pas de demi-mesure, pas de tractation en coulisses pour arracher des garanties : un départ sec et assumé. D’après les informations recueillies, les conditions d’organisation de ce stage auraient été jugées indignes par les deux joueuses, en complet décalage avec leur statut et leur expérience.
Le malaise couvait déjà depuis plusieurs semaines au sein du groupe. Mais c’est une décision précise du staff technique qui aurait fait basculer la situation : le retrait du brassard de capitaine à Gabrielle Aboudi Onguéné, confié à la jeune Colette Ndzana.
Pour certaines cadres de l’équipe, ce choix a été perçu comme une véritable humiliation, la goutte d’eau qui a fait déborder un vase déjà bien rempli.
Résultat : Ajara et Mefometou ont tranché. Et tout indique que leur décision est irrévocable.
Deux carrières qu’on ne peut pas balayer d’un revers
Que l’on questionne ou non la manière dont ce départ s’est déroulé, une chose ne fait aucun débat : le palmarès des deux joueuses.
Nchout Njoya Ajara a porté les couleurs des Lionnes pendant plus de dix ans, multipliant les buts décisifs sur les plus grandes scènes africaines, avec une régularité que peu de joueuses peuvent revendiquer.
Falone Mefometou, de son côté, a verrouillé la défense nationale pendant de longues années, souvent loin des projecteurs, rarement célébrée à la hauteur de son apport réel.
Deux trajectoires longues, deux piliers qui ont traversé plusieurs générations de sélectionneurs sans jamais vraiment baisser les bras.
Leur départ, dans ces circonstances précises, soulève pourtant une interrogation de fond : comment accompagner le renouvellement d’un effectif sans sacrifier celles qui ont porté le maillot avec abnégation pendant des années ?
Le rajeunissement d’un groupe est une étape normale, presque inévitable, dans la vie d’une sélection. Mais le mener dans la brutalité, sur fond de tensions mal gérées, c’est prendre le risque de fissurer un collectif au moment précis où la cohésion devrait primer sur tout le reste.
Le silence de la FECAFOOT, un signal à part entière
À ce jour, aucune communication officielle n’est venue de la Fédération Camerounaise de Football. Ce mutisme, loin d’être anodin, en dit peut-être autant que n’importe quel communiqué.
Il laisse planer le doute sur la gestion de la crise en interne, et sur la capacité de l’instance à reprendre la main avant que la situation ne s’envenime davantage.
Or le calendrier ne laisse guère de place à l’attentisme. Les Lionnes Indomptables doivent affronter des échéances majeures dans les mois à venir, et elles devront le faire amputées de deux de leurs éléments les plus expérimentés.
Pire encore, elles aborderont ces rendez-vous décisifs avec une fracture interne visiblement loin d’être résorbée.
Un avertissement pour l’avenir du football féminin camerounais
Au-delà du cas individuel de ces deux joueuses, cette affaire pose une question plus large sur la gestion des transitions générationnelles dans le sport camerounais.
Les exemples de ruptures mal négociées entre anciennes et nouvelles générations ne manquent pas à travers le continent, et leurs conséquences sportives se paient souvent cash sur le terrain.
Reste à savoir si la FECAFOOT saura tirer les leçons de cet épisode, et si un dialogue pourra encore être renoué avec Ajara et Mefometou, ou si ce chapitre est définitivement clos.
Une chose est sûre : les prochaines sorties des Lionnes seront scrutées de très près, tant sur le plan des résultats que sur celui de l’ambiance retrouvée, ou non, au sein du groupe.




