Mondial 2026 : Le Portugal accroché par la RD Congo (1-1). À 41 ans, Cristiano Ronaldo subit le feu des critiques de la presse portugaise. Analyse d’un séisme.
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Le football possède cette mémoire courte qui ne s’embarrasse pas des légendes. Mercredi, pour son entrée en lice dans ce Mondial 2026, le Portugal a concédé un match nul particulièrement frustrant face à une valeureuse équipe de la République démocratique du Congo (1-1).
Mais au-delà du simple résultat comptable, c’est un véritable séisme médiatique qui secoue Lisbonne et Porto ce jeudi matin. Au cœur de la tempête ? Le capitaine, le guide, le monument : Cristiano Ronaldo.
À 41 ans, le quintuple Ballon d’Or traverse un moment charnière de son immense carrière. Portant sur ses épaules le poids phénoménal de 229 sélections et 143 buts, l’attaquant de la Seleção semble aujourd’hui rattrapé par les doutes, voire par le temps.
« CR7 est lui-même un problème » : Le tacle assassin d’A Bola
La presse sportive portugaise, d’ordinaire si protectrice envers son héros national, a troqué ses louanges pour un scalpel bien aiguisé. Le célèbre quotidien A Bola, sous la plume de son chroniqueur
Luis Mateus, n’y va pas par quatre chemins : « Cristiano Ronaldo semble écrasé par la pression (…) À ce stade, il est lui-même un problème. Mais le Portugal se dirige vers l’abîme en raison de son entêtement à ne pas vouloir voir ce qui est évident. »
Aligné durant l’intégralité des 90 minutes face aux Léopards de la RD Congo, le natif de Madère a cruellement manqué d’efficacité. Fait extrêmement rare pour un joueur de sa trempe, il a vendangé deux occasions franches de manière totalement inhabituelle.
Des ratés qui relancent inévitablement le débat sur son statut d’intouchable au sein de l’attaque portugaise.
Une Seleção « otage de sa foi » et un jeu stéréotypé
Le constat n’est guère plus tendre du côté de Público, qui titre sobrement en une : « Résultat mauvais, performance horrible ».
Le quotidien de référence analyse de manière chirurgicale la dépendance psychologique de l’équipe : le Portugal « reste otage de sa foi en Ronaldo, mais la foi ne suffit pas – et encore moins en l’actuel Ronaldo ».
Sur le plan purement tactique, le collectif lusitanien a déçu. Le journaliste Alexandre Costa déplore un jeu devenu « lent et prévisible ».
Disposant pourtant d’un réservoir de talents exceptionnels et d’une qualité individuelle rare en Europe, la sélection n’a produit que de minces étincelles créatives, se heurtant au bloc défensif compact et physique des Congolais.
Le ballon d’optimisme s’est dégonflé
Dans les colonnes du journal Record, le directeur Bernardo Ribeiro qualifie carrément la prestation globale de « pitoyable », affirmant sans détour que le staff et les joueurs devront montrer un tout autre visage pour la suite de la compétition.
Pour le chroniqueur Sérgio Krithinas, le mal est avant tout psychologique : ce score de parité face à la RD Congo n’a rien d’un drame mathématique absolu, mais il a eu le mérite de « dégonfler le ballon d’optimisme » qui entourait l’arrivée de la délégation aux États-Unis.
Le sélectionneur national se retrouve face à un immense dilemme de management : continuer à construire son onze autour d’une légende en perte de vitesse au risque de paralyser son système, ou oser le choix de la transition.
Le prochain match du Portugal s’annonce d’ores et déjà électrique, sous l’œil microscope du monde entier.




