: Yaoundé célèbre ses athlètes médaillés à Tbilissi, Bamako et Tunis en bodybuilding, taekwondo et para-athlétisme. Retour sur une cérémonie de reconnaissance.

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Bodybuildeurs, taekwondoïstes et para-athlètes ont été mis à l’honneur lors d’une cérémonie présidée par le ministre des Sports et de l’Éducation Physique, Narcisse Mouelle Kombi, venue couronner plusieurs semaines de résultats remarquables sur la scène internationale.

Une moisson de médailles trop souvent passée sous silence

Le décor n’avait rien de spectaculaire : pas de grand stade, pas de foule en liesse, simplement des attestations de performance remises à des athlètes qui, pour une fois, ont pu entendre que leurs sacrifices n’étaient pas passés inaperçus.

Alexandre Kevin Anoho s’est particulièrement illustré en décrochant l’or dans les catégories classic open et best poser, complétant son tableau de chasse par un bronze en toutes catégories.

Desmond Khan n’a pas démérité non plus, repartant avec l’or en men physique et l’argent en men physique open. Quelques jours plus tard, du 30 mai au 2 juin, direction Bamako pour les Championnats d’Afrique de taekwondo et para-taekwondo.

Le Cameroun y a glané deux médailles d’or et deux médailles d’argent, avec notamment un sans-faute des équipes U30 dames et U60 messieurs, sacrées championnes en pomsae.

Enfin, place au para-athlétisme à Tunis, où le Grand Prix organisé du 16 au 19 juin a permis aux athlètes déficients visuels camerounais de décrocher deux titres en or et une médaille d’argent, tandis que la catégorie déficients physiques et intellectuels ajoutait une breloque de bronze à la moisson nationale.

Trois compétitions, trois disciplines différentes, et un seul fil conducteur : la performance.

Des disciplines qui méritent mieux que l’indifférence

Reconnaissons-le sans détour : au Cameroun, ce genre de résultats peine généralement à trouver sa place dans l’actualité sportive, largement dominée par le football.

Le bodybuilding et le para-athlétisme, en particulier, restent souvent relégués au second plan médiatique, malgré des performances internationales qui n’ont pourtant rien à envier aux autres disciplines.

C’est précisément ce déséquilibre que le ministre Mouelle Kombi semblait vouloir corriger, en insistant sur la portée symbolique de cette cérémonie. Selon lui, célébrer ces performances, c’est avant tout mettre en lumière des valeurs essentielles : l’effort, le dépassement de soi et la discipline.

Une manière aussi, a-t-il souligné, d’envoyer un message d’encouragement à la jeunesse camerounaise, pour qu’elle continue de croire en son potentiel, quelle que soit la discipline choisie.

Au-delà du symbole, un appel à un suivi durable

Les attestations de performance remises aux médaillés et à leurs encadreurs techniques n’ont, certes, qu’une valeur symbolique. Mais pour des athlètes dont on parle rarement le reste de l’année, ce type de reconnaissance institutionnelle compte plus qu’il n’y paraît.

Elle confirme que leur engagement, souvent invisible aux yeux du grand public, trouve malgré tout un écho au sommet de l’État. Reste maintenant à transformer cet élan ponctuel en véritable politique de suivi.

Une célébration après-coup, aussi méritée soit-elle, ne suffit pas à garantir la pérennité de ces succès.

Ce que ces disciplines réclament désormais, c’est un accompagnement structurel régulier : financements stables, infrastructures adaptées, et visibilité médiatique à la hauteur de leurs résultats.

Car au final, ces médailles glanées à Tbilissi, Bamako et Tunis racontent une réalité simple : le sport camerounais ne se résume pas au seul ballon rond. Et il serait dommage de ne s’en souvenir qu’au moment des cérémonies de reconnaissance.