Douala s’apprête à vibrer au rythme des foulées. Le 12 juillet 2026, la deuxième édition du Madiba Run 4 Health prendra le départ et l’arrivée au stade de la Réunification, portée par l’Union Camerounaise de Brasseries (UCB).
Et cette année, l’ambition affichée n’a rien d’un simple effet d’annonce : un prize money total de 20 millions FCFA, trois jours d’animations populaires et l’espoir d’attirer une vingtaine de délégations étrangères.
Un dispositif taillé pour voir plus grand
L’an dernier, neuf mille coureurs avaient répondu à l’appel. Pour 2026, les organisateurs visent carrément le doublement de la fréquentation, et ils s’en donnent visiblement les moyens. La grande nouveauté réside dans la création d’un véritable village du marathon, déployé du vendredi 10 au dimanche 12 juillet.
Zumba géante, concerts, stands partenaires : l’objectif est d’occuper le terrain bien au-delà du simple coup de feu du départ.
Une décision mûrement réfléchie, comme l’explique Francis Mbongue, directeur marketing et innovations chez UCB, qui raconte que l’édition précédente avait déjà vu les participants s’attarder très tard sur les lieux, parfois jusqu’au cœur de la nuit.
Les partenaires commerciaux, eux aussi, réclamaient davantage de visibilité. Le village du marathon coche donc les deux cases à la fois.
Des récompenses pour tous les profils de coureurs
Sur le plan sportif, le semi-marathon demeure l’épreuve reine de la journée. Les vainqueurs, hommes et femmes confondus, repartiront avec 3 millions FCFA chacun, suivis des deuxièmes places à 2 millions et des troisièmes à 1 million.
Le 10 km n’est pas en reste, avec un podium récompensé respectivement à hauteur de 1 million, 500 000 et 250 000 FCFA. Fait notable cette année : les marcheurs entrent eux aussi dans la course aux récompenses.
La désormais célèbre « marche étoilée » verra des cortèges s’élancer simultanément depuis les cinq arrondissements du Wouri, pour converger ensemble vers le stade de la Réunification.
Familles, écoles, associations de quartier, groupes d’amis : la porte est grande ouverte à tous ceux qui souhaitent participer sans nécessairement courir.
Petit geste qui compte : les 10 000 premiers à franchir la ligne d’arrivée recevront une médaille souvenir, histoire de récompenser aussi l’effort de ceux qui ne visent pas le podium. Côté ambiance internationale, douze nations avaient fait le voyage en 2025.
Les organisateurs misent désormais sur une vingtaine de pays, avec des discussions déjà engagées du côté du Congo, du Kenya et de l’Éthiopie.
À un mois de l’événement, trois mille inscriptions sont déjà enregistrées, et les collaborateurs du Groupe Kadji, maison mère d’UCB, prendront eux aussi le départ.
Quand le privé prend le relais du sport santé
Monter un événement de cette ampleur au Cameroun n’a rien d’une formalité, et la Fédération camerounaise d’athlétisme ne s’y trompe pas.
Son secrétaire général, Charles Kouoh Kotte, n’a pas mâché ses mots lors de la conférence de presse, qualifiant cette épreuve de référence absolue parmi les courses sur route du pays.
Un satisfecit qui a du poids, venant d’une institution rompue à ce genre d’événements. Ce qui distingue UCB, c’est sa posture.
L’entreprise ne se contente pas d’apposer son logo sur des dossards : elle pilote, finance et construit l’événement de bout en bout. Une implication plus exigeante, mais qui semble porter ses fruits, à en juger par la fidélité des partenaires et la progression constante des inscriptions.
Dans une Afrique centrale où le financement durable du sport santé reste un défi récurrent, ce modèle mérite qu’on s’y attarde. Reste à savoir si la barre symbolique des 18 000 participants sera franchie. Mais la dynamique, elle, semble bel et bien lancée.
La marche étoilée, ou l’art de fédérer un territoire
C’est sans doute l’idée la plus maligne de cette édition. En faisant converger des marcheurs depuis les cinq coins du Wouri, l’organisation transforme une simple compétition sportive en véritable fête populaire, ancrée dans le tissu urbain de Douala.
Les familles, les écoles, les associations de quartier y trouvent toutes leur place, et l’événement déborde largement du cadre du stade.
Cette capacité à irriguer toute une ville, plutôt qu’à se cantonner à quelques heures dans une enceinte fermée, est précisément ce qui distingue les rendez-vous sportifs durables de ceux qui s’essoufflent après deux ou trois éditions.
Le parrainage du Gouverneur de la région du Littoral n’a rien d’anodin non plus : il facilite la logistique et la sécurité, tout en envoyant un signal clair aux institutions et aux entreprises encore hésitantes à s’engager aux côtés du Madiba Run 4 Health.




